20 000 colonies d'abeilles décimées en Bretagne. Sans abeilles, moins de pollinisation. Donc moins de nourriture. A quoi jouons-nous ?

Abeille sauvage, femelle du genre Seladonia © Mael Garrin
Mise en ligne : 
19/06/2018
Déjà mal en point, les ruchers bretons sont, ce printemps, victimes d’une hécatombe chez les abeilles. Partis à vélo du Faouët (56), des apiculteurs ont accompagné un convoi mortuaire de ruches à Rennes, à la Chambre d’agriculture régionale. Ils veulent ainsi dénoncer l'usage de tous les types de produits néo-nicotinoïdes, toxiques pour les pollinisateurs. La Fédération Bretagne Nature Environnement, Bretagne Vivante, Eau et Rivières de Bretagne et l’UMIVEM-patrimoine et paysage apportent leur soutien aux apiculteurs, tout en les incitant à se convertir en agriculture biologique. Les abeilles et les autres insectes pollinisateurs ont un rôle vital pour la nature, et donc pour l’homme. Mais leurs populations s’effondrent, ce qui affecte la reproduction des plantes à fleurs et donc la production et la qualité des fruits et légumes. Or nous voulons tous continuer d’en manger !

 
Victimes des dégradations de l’environnement et de la perte des milieux naturels, les abeilles, domestiques et sauvages, disparaissent. L’usage massif des intrants chimiques et pesticides en agriculture conventionnelle y contribue largement. Or la disparition des abeilles, c’est un risque alimentaire à venir. Cela fait des années que les associations de protection de la nature alertent en vain. A défaut de prendre conscience de la gravité du problème pour l’environnement, les humains vont-ils enfin finir par comprendre les risques pour eux-mêmes ?
 
Les associations ont déjà tiré la sonnette d’alarme il y a quelques semaines concernant la chute drastique d’oiseaux depuis quelques années. Nous la tirons aussi concernant les abeilles et les autres insectes. Sommes-nous en train d’assister à un effondrement silencieux de la biodiversité ?
 
La disparition des abeilles n’est pas qu’un problème d’apiculteurs, elle pénalise par ricochet aussi les autres secteurs de l’agriculture, comme les maraîchers. On ne peut se passer d’elles pour butiner les fleurs qui donneront naissance aux fruits !
 
Pas besoin d’être très âgé pour se souvenir des nuées d’insectes qui s’écrasaient auparavant sur les pare-brises à chaque trajet en voiture. Aujourd’hui, on est presque surpris quand cela arrive… Mais les insectes ont un rôle primordial dans l’équilibre naturel.
La Fédération Bretagne Nature Environnement, Bretagne Vivante, Eau et Rivières de Bretagne et l’UMIVEM-patrimoine et paysage s'associent au désarroi des apiculteurs, en leur apportant leur soutien pour appuyer leur demande que toutes les causes possibles de cette surmortalité particulièrement hors-norme soient explorées, et que soient dénoncés les pesticides. Mais la principale raison de la mauvaise santé des populations d' abeilles est la disparition de leurs plantes nourricières et des habitats naturels et semi-naturels. Les abeilles se rabattent donc sur des cultures de mauvaise qualité alimentaire, voire empoisonnées par les néo-nicotinoïdes. Même si l’on supprime tous les néo-nicotinoïdes, les abeilles continueront de disparaître. C'est donc une remise en cause du modèle agricole industriel actuel dans sa globalité qu'il va falloir mettre en œuvre.
Les abeilles domestiques et sauvages ne sont hélas pas les seules à pâtir des mauvais traitement infligés par l'agro-chimie. De nombreuses espèces végétales et animales en font les frais, ainsi que la santé humaine.
Le problème est bien plus qu’inquiétant : il est très grave. Il est urgent que les apiculteurs et les associations de protections de la nature soient entendues.
 
Alain Bonnet
Président d’Eau et Rivières de Bretagne
 
Elodie Martinie-Cousty
Présidente de l’UMIVEM (56)
 
Gwénola Kervingant,
Présidente de Bretagne Vivante
 
Jean-Luc Toullec
Président de la Fédération Bretagne Nature Environnement
 
Que faire chez soi pour protéger les abeilles et insectes pollinisateurs ?
-Ne jamais utiliser de produit insecticide dans son jardin
-Laisser pousser des fleurs ou arbustes mellifères
-Laisser quelques zones de friches
-Réserver le piégeage du frelon asiatique aux seuls apiculteurs (ailleurs les pièges nuisent aux autres insectes sans avoir d'influence sur les population de frelons asiatiques)
-Si votre objectif est de protéger les abeilles ou la biodiversité, il n'est pas nécessaire d'installer de ruche. Accueillir une flore diversifiée est le meilleur moyen de favoriser les abeilles sauvages.
 
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Contacts presse :
 
Gwénola Kervingant
Présidente de Bretagne Vivante
06 88 70 74 78
 
Jean-Luc Toullec
Président de la Fédération Bretagne Nature Environnement
06 09 68 04 07

 
Elise Rousseau
Attachée de presse
06 59 46 55 80
 
Protégez la nature, soutenez les associations de protections de la nature !
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