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Hutriers-pies en baie de Saint-Brieuc - © F. Morel / Commons

Li­mi­coles cô­tiers

Cette page fait partie de l'Observatoire du Patrimoine Naturel Littoral.
 

Les oiseaux limicoles côtiers : c'est quoi ?

Les limicoles (du latin Limus/limon : boue ; et cola : qui habite, exploite) côtiers regroupent les petits échassiers qui fréquentent préférentiellement pendant l’hivernage et les haltes migratoires, les zones humides littorales (milieux salés, saumâtres ou encore doux mais à proximité du littoral). Grands migrateurs, ils se déplacent annuellement entre zones de reproduction et quartiers d’hiver au sein de voie de migration intercontinentale.

 

Pourquoi les surveiller ? :

Les limicoles côtiers, par leur large distribution, leur forte capacité de déplacement, leur dépendance vis-à-vis des écosystèmes littoraux et leur positionnement au sommet des chaines trophiques, peuvent être considérés comme des sentinelles des changements environnementaux dont les effets peuvent modifier leur abondance, leur distribution et la composition de leurs peuplements (Piersma et Lindstrom, 2004 ; Godet et al., 2011). Le suivi de ces paramètres est apparu indispensable pour mettre en place des mesures de conservation efficaces (Smit et Piersma, 1994 ; Rose, 1990 ; Maheo et al., 2002) et des outils de veille se sont alors développés pour permettre de collecter ces données sur le long terme

enlightenedPages projet :

> Indicateurs

> Zones d'alimentation et activités humaines

enlightenedDocuments de référence :

> Rapport cadre (2012) sur la généralisation et la création de l'Observatoire du Patrimoine Naturel Littoral : à consulter ici

enlightenedPublications (revues nationales & internat.) :

> Phénologie et tendances de population à long terme de la Barge à queue noire (Bocher et al., 2013) : ici

 

 

 

 

 


Abondance mensuelle des limicoles côtiers 

Applicable à de larges territoires, reproductible et facile à mettre en œuvre, le protocole de surveillance scientifique des oiseaux limicoles côtiers se traduit par des comptages mensuels aux dates des IWC (International Waderbird Census), soit vers le milieu de chaque mois, avec une différenciation des données recueillies sur les aires marines protégées de celles observées en dehors, pour évaluer les dispositifs de gestion et de protection de la nature mis en place (mesure de l’effet gestion).

Lancé en 2000, ce dispositif de surveillance est aujourd’hui mis en œuvre sur près de 95 localités littorales. S’inscrivant en complémentarité des comptages nationaux et internationaux conduits à la mi-janvier (Wetlands International), cette initiative se traduit par une standardisation mensuelle des dénombrements, étendue à l’ensemble du cycle annuel.

La méthode consiste à enregistrer les principaux paramètres spatio-temporels, qualitatifs et quantitatifs caractérisant le stationnement des oiseaux limicoles côtiers. L’application d’un tel protocole implique la mise en œuvre de moyens humains adaptés, accompagnée de conditions d’observation propices à une approche de la totalité des stationnements (amplitude des marées, météorologie, …). Pour exemple, pour les secteurs littoraux soumis à marée, la grande majorité des suivis numériques est effectuée pendant la haute mer, période au cours de laquelle les oiseaux se concentrent sur un minimum de secteurs géographiques, communément appelés reposoirs. Une base de données nationale et commune à l’ensemble des espaces littoraux est effective. Sa structuration permet de différencier et de comparer les données issues des Aires Marines Protégées de celles obtenues en dehors.

Ce travail est conduit avec l’ensemble des organismes gestionnaires contributeurs et autres structures/observateurs associés. La valorisation des données mensuelles ainsi collectées est conduite en collaboration scientifique, notamment avec le Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive de Montpellier et le Laboratoire LIENSs de l’Université de La Rochelle. Couvrant une période de plus de 20 ans, l’intérêt d’un tel jeu de données, à haute représentativité nationale, n’est plus à prouver.

A l’échelle locale (du site), il permet d’évaluer (par comparaison inter-sites) tout au long du cycle annuel le rôle de chaque site fonctionnel pour mieux prendre en compte la variabilité saisonnière des enjeux de conservation, en y intégrant notamment les périodes inter-hivernales (migrations, estivages), encore trop peu considérées aujourd’hui.

Depuis 2013, ces données ont permis également d’engager un programme de construction d’indicateurs intéressant l’état des populations de limicoles côtiers. Site-centrés et taxon-centrés, ces indicateurs souhaitent également évaluer la fonctionnalité des sites  (plus d’informations sur la page dédiée).

A l’échelle nationale (façades maritimes sous responsabilité de l’Etat français), ces données mensuelles sont précieuses pour évaluer l’évolution du rôle du littoral français pour la conservation des populations de limicoles côtiers. Elles permettent d’actualiser régulièrement le statut des principaux taxons présents (identification et localisation des principaux sites, phénologie de la distribution…), notamment en contribuant à des travaux de recherche.

A l’échelle internationale (voies de migration), ces données sont précieuses (seul jeu de données mensuelles disponible) et permettent à la France d’apporter sa contribution à la définition et à la mise en œuvre de stratégie de conservation intercontinentales, comme c’est le cas par exemple pour la voie de migration Est-Atlantique en contribuant régulièrement aux travaux de l’IWSG (International Wader Study Group)

Zones d’alimentation intertidales et activités humaines de l’estran 

En complémentarité des comptages mensuels plutôt focalisés sur les zones de reposoirs, un projet a été engagé fin 2017 pour tester un protocole visant à caractériser et à localiser les principales zones d'alimentation intertidales des limicoles hivernants et les activités humaines de l’estran. A partir d’une méthode déjà expérimentée et publiée par Ponsero et al. (2016) et modifiée, une phase test sur quelques sites s’est déroulée au cours des hivers 2018-2019 et 2019-2020. L’analyse des données en cours, va permettre de mesurer l’efficience du protocole et de préciser pour chaque site suivi, la phénologie et la distribution spatiale des zones d’alimentation et des zones d’activités humaines.

 

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