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L'estran devant la falaise du Cap Romain - © J.-P. Richard

Falaise du Cap Romain

Vue aérienne du site - © P. Giommi
Vue aérienne du site
Vue de la falaise - © APGN
Vue de la falaise
Vue du platier rocheux - © APGN
Vue du platier rocheux
Lecture de paysage au pied de la falaise - © APGN
Lecture de paysage au pied de la falaise
La conservatrice - © F. Hébert
La conservatrice
A marée basse - © N. Gemel
A marée basse
Un gas sur l'estran - © APGN
Un gas sur l'estran
Éponges fossiles - © F. Hebert
Éponges fossiles

Pour joindre la Réserve :
APGN - Association Patrimoine géologique de Normandie
CREC - Station Marine
54 rue Dr Charcot - BP 49
14530 LUC SUR MER
Tél : 02.31.36.22.21
Fax : 02.31.36.22.20
@ : capromain [at] unicaen.fr

Au coeur de la Côte de Nacre, sur les côtes du Calvados, la falaise du Cap Romain est située à 15 km au nord ouest de Caen. Haute de 6 à 7 mètres au maximum, elle s’étend sur environ 500 m de longueur à la limite des deux plages de Bernières-sur-mer et de Saint-Aubin-sur-mer. Les premièrs maisons approchent à quelques mètres du bord de cette basse falaise, qui domine un large estran rocheux.
L’érosion naturelle a mis en évidence dans les calcaires de la partie moyenne de cette falaise, et localement sur l’estran rocheux, des récifs d’éponges fossiles d’âge jurassique, remarquablement bien conservés avec leur faune d’accompagnement. (lire la suite de l’article)
La falaise calcaire présente dans sa partie médiane et supérieure des amas pierreux dont les formes sont étirées verticalement ou à section triangulaire ou ovale, composés d’éponges fossiles aplaties, lobées, contournées, en assiette, en coupe, en console, empilées, juxtaposées, plus ou moins soudées. Leurs cassures montrent encore le réseau de leur squelette et leurs faces supérieure et inférieure portent des associations d’animaux encroûtants différents dans leur composition. Entre les éponges, le sable et la boue calcaires contiennent les débris de nombreux coquillages et oursins qui vivaient à leur voisinage et les vestiges des minuscules animaux qui pullulaient à l"abri des colonies d’éponges (petites coquilles ou stades jeunes).
Cette falaise a donc enregistré un épisode exceptionnel de l’histoire géologique de la Normandie, avec l’apparition des éponges constructrices, leur conquête des fonds marins au Jurassique moyen et leur asphyxie par enfouissement sous les sables. La préservation d’un pareil évènement, aussi éphémère à l’échelle géologique, se déroulant il y a 165 millions d’années, justifie sa préservation.
La partie supérieure des calcaires et marnes jurassiques est fortement érodée et supporte des graviers et galets marins contenant des coquilles de Mollusques qui vivaient dans des eaux plus froides que la Manche actuelle. Cette couche grossière et ferrugineuse correspond à une plage ancienne et s’est déposée alors que le niveau de la mer était plus élevé qu’aujourd’hui. Des ossements de Rhinocéros à poil long et à cloison nasale osseuse ont été extraits de ces graviers : cet animal vivait sous climat froid avec les derniers mammouths.
Au-dessus de ce niveau, le sommet de la falaise est composé de limons brunâtres, véritable poudre de roches déposée par le vent alors que les grands glaciers de la dernière glaciation quaternaire couvraient encore une partie de l’Angleterre. A la fin de la dernière glaciation, de gros blocs de grès et de granites d’un à plusieurs mètres cubes, provenant en majorité de la côte du Nord Cotentin, sont venus s’échouer sur le platier rocheux, portés par des radeaux de glaces flottantes. Les pêcheurs les appellent les "gas" et s’en servent comme repères pour se diriger pendant les marées. Plusieurs gas sont visibles à marée basse.
L’inventaire faunistique le plus récent, réalisé en 2004, a recensé 42 espèces animales courantes sur les côtes normandes. La diversité spécifique, bien que supérieure sur le bas de l’estran, demeure faible et le nombre d’individus par espèce limité. L’embranchement des mollusques est le plus diversifié, vient ensuite celui des arthropodes et enfin les annélides. Les cnidaires, spongiaires, échinodermes, hémichordés et poissons sont également présents mais peu diversifiés. Les espèces endogées, à l’exception des lanices et des arénicoles, n’ont pas été inventoriées. Les patelles, littorines, gibbules et chitons que l’on trouve en grand nombre sur la réserve, broutent les algues incrustantes et perforantes et suppriment ainsi une fine pellicule de calcaire à chaque passage. Les balanes ont aussi une action érosive sur le platier rocheux.
Code : 
RNN69
Département : 
Calvados
Communes : 
Bernières-sur-Mer
Saint-Aubin-sur-Mer
Conservateur : 
Anne-Lise GIOMMI
Code INPN : 
FR3600069
Code WDPA: 
39789

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