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Vé­gé­ta­tion pion­nière sur îlot - © D. He­me­ray

Saint-Mesmin

Végétation de rive avec neige et glace - © D. Hemeray
Végétation de rive avec neige et glace
Renoncules flottantes - © D. Hemeray
Renoncules flottantes
Arbre rongé par un castor d'Europe - © D. Hemeray
Arbre rongé par un castor d'Europe
Castor d'Europe - © J. Lecquyer / Coeurs de Nature / SIPA
Castor d'Europe
Peuplier noir - © D. Hemeray
Peuplier noir
Chevalier aboyeur - © J. Lecquyer / Coeurs de Nature / SIPA
Chevalier aboyeur

Contact de la réserve :
Tél : 02-38-56-90-63
@ : rn.saintmesmin [at] espaces-naturels.fr

Située 4 km à l’aval d’Orléans, la réserve naturelle de Saint-Mesmin, classée le 14 décembre 2006 par décret, remplace la réserve naturelle de l’île de Saint-Pryvé-Saint-Mesmin initialement classée le 19 novembre 1975 par arrêté ministériel. Elle s'étend sur 263 ha, auxquels s'ajoute un périmètre de protection de 90 ha, et englobe la pointe de Courpain (boisement alluvial situé au confluent de la Loire et du Loiret) et les îles de Mareau. Beaucoup plus vaste, elle protège une flore, une faune et des milieux naturels très représentatifs de la Loire moyenne sur 9 km. (lire la suite de l’article)
Le paysage ligérien varie en fonction des fluctuations du niveau d’eau : les îles et îlots peuvent être partiellement, voire totalement, recouverts par les plus hautes eaux annuelles alors que de vastes zones de vase, de sable et de gravier apparaissent en été. Leurs contours se modifient constamment au fil des crues qui permettent aux alluvions de s’accumuler derrière les obstacles végétaux. Les périodes de basses eaux favorisent par contre la croissance des arbres et arbustes.
Les îles de la Loire sont constituées par l’amoncellement de dépôts alluvionnaires composés de sables et graviers (granulats des carriers). Ces dépôts reposent, dans notre région, sur un substratum calcaire. Celui-ci est bien visible en période de basses eaux, en amont de la réserve. Ce calcaire appartient à la formation de Beauce qui recèle en son sein l’une des plus importantes nappes d’eau souterraines de France.
La Loire a ainsi créé une grande diversité d’habitats naturels étroitement imbriqués. On peut passer, en quelques mètres, des milieux les plus humides aux milieux les plus secs, des plus jeunes, aux plus mâtures, la forêt à bois dur. C’est bien sûr l’instabilité du régime hydraulique de la Loire, sa puissance érosive et les matériaux qu’elle dépose qui permettent au milieu naturel de se rajeunir régulièrement, formant une mosaïque d’habitats abritant une multitude d’espèces végétales et animales.
La variété des milieux a permis le développement d’une flore très riche et diversifiée, avec 558 espèces de plantes supérieures recensées dont 3 protégées au niveau national (pulicaire vulgaire, gagée des prés, tulipe sauvage) et 5 au niveau régional (limoselle aquatique, pigamon jaune, corydale à bulbe plein, laîche de Loire, scille d’automne).
Les plantes les plus remarquables se développent dans un milieu pionnier régulièrement balayé par les crues de la Loire. Ce sont presque toutes des annuelles qui apparaissent à la fin de l’été sur la vase en cours d’assèchement. La végétation clairsemée des bancs de sable et de gravier remaniés par les hautes eaux est adaptée à des conditions extrêmes : alternance d’humidité et de sécheresse, température pouvant atteindre 50°C au sol en été. On y observe la corrigiole des rives, les chenopodes botryde et fausse ambroisie, le plantain des sables…
La forêt alluviale, dans ses zones les plus fraîches, est dominée par le peuplier noir et le saule blanc.
La faune compte 305 espèces de vertébrés dont 29 poissons (chabot, bouvière, saumon atlantique, grande alose, alose feinte, anguille, loche franche, épinochette…), 4 amphibiens (grenouilles agile, verte, crapauds commun, alyte), 7 reptiles (lézard des murailles, lézard des souches…), 226 oiseaux parmi lesquels 65 nicheurs (petit gravelot, rousserolle effarvatte, phragmite des joncs, martin-pêcheur d’Europe, bouscarle de Cetti…), 190 de passage (chevalier guignette, bruant des roseaux, balbuzard pêcheur…) et 103 hivernants (dortoirs de grands cormorans…), 28 espèces de mammifères dont le castor d’Europe et 11 espèces de chiroptères.
Les invertébrés comptent 553 espèces dont 16 odonates, 48 lépidoptères, 32 orthoptères, 9 hétéroptères, 180 coléoptères, 41 mollusques terrestres, 22 mollusques dulçaquicoles et 205 espèces d’araignées.
Le castor d’Europe a fait son apparition sur la réserve en 1983, suite à sa réintroduction en amont de Blois. Nocturne, il se laisse difficilement observer mais les traces de son activité sont nombreuses : arbres abattus en mine de crayon, branches coupées en biseau, rameaux écorcées. Le ragondin est abondant et souvent confondu avec le castor.
Les indices de présence de la belette et du putois sont régulièrement rencontrés. Les chauves-souris sont nombreuses : on peut en observer plusieurs espèces chassant en vol les insectes lors des belles soirées d’été.
Si certains sont visibles toute l’année comme le héron cendré, à la silhouette voûtée, ou le martin-pêcheur, le plus coloré de nos oiseaux, beaucoup d’espèces ne font ici qu’une brève visite. Située sur un axe de migration important, la réserve naturelle est une halte de choix pour les oiseaux qui y font escale au cours de leur voyage qui les conduit de la Scandinavie à l’Afrique : hirondelles, martinets, fauvettes et rossignols sont les plus abondants.
En été, lorsque la Loire est basse, le chevalier guignette et la bécassine des marais se nourrissent d’invertébrés qu’ils picorent dans la vase. Les roselières sont alors visitées par la rousserolle effarvatte et le rare gorgebleue, des migrateurs nocturnes qui se posent au petit matin.
Quand les brumes des soirs d’automne enveloppement les bords de Loire, les bruants des roseaux se rassemblent en dortoir pour passer la nuit dans les roseaux.
L’hiver venu, les grands cormorans profitent de la quiétude de la réserve et regagnent chaque soir leur perchoir situé sur un îlot au milieu de la Loire.
Difficiles à observer, plusieurs espèces de libellules de la réserve ne laissent qu’un indice fragiles de leur présence : l’enveloppe délicate de leur larve aquatique, émergeant au printemps, l’exuvie. Le gomphe à pattes jaunes et le gomphe serpentin sont deux espèces remarquables, protégées, rares et menacées en Europe.
Les grands saules morts abritent toute une faune invertébrée cachée. Les larves de grands coléoptères jouent un rôle important dans la décomposition du bois et dans le cycle de la matière.
Code : 
RNN26
Département : 
Loiret
Communes : 
Saint-Pryvé-Saint-Mesmin
Mareau-aux-Prés
La Chapelle-Saint-Mesmin
Chaingy
Saint-Ay
Conservateur : 
Michel CHANTEREAU
Code INPN : 
FR3600026
Code WDPA: 
106709

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